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L’inflammation, au cœur de la maladie chronique et du surpoids

L’inflammation fait le lit de toutes les maladies. Cette réaction du corps, salutaire face aux agressions aigües (avec fièvre, rougeur, douleur), devient problématique quand les attaques et les désordres perdurent. Elle évolue alors à bas bruit et prépare le terrain au surpoids et aux maladies graves qui se développeront ensuite.

Qu’est-ce que l’état inflammatoire ?

Le processus de l’inflammation est un système de défense naturel qui permet de  survivre dans un milieu hostile.

Notre intestin, notre peau, notre système respiratoire, notre mental subissent des agressions en permanence. Pour garantir le précieux équilibre vital de notre corps, un système complexe de défenses se déploie. Il met en jeu des cellules immunitaires, des enzymes, des cytokines, pour détruire les agresseurs et réparer les cellules du corps.

Les cytokines (du grec cyto, cellule, et kinos, mouvement) sont des protéines synthétisées par les cellules du système immunitaire. Leur rôle est de réguler l'activité d'autres cellules (stimulation, inhibition). À l’instar des hormones et des  neuromédiateurs, ces molécules sont essentielles à la communication et à la fonction cellulaire.

Le cas de l’agression chronique

Quand l’agression est chronique et sournoise, ce processus de défense est également mis en place mais nous n’en prenons pas forcément conscience.

On appelle « inflammation de bas grade » les réactions inflammatoires qui accompagnent la prise progressive de kilos superflus qui encrassent l’organisme. Cette inflammation fait le lit de toutes les maladies chroniques.

Le cas de l’agression franche

Quand l’agression est franche, l’inflammation est aigue et se manifeste par 4 « points cardinaux » qui sont la DOULEUR, la ROUGEUR, la CHALEUR (locale et/ou générale avec la fièvre), et l’ŒDÈME.

Comment l’inflammation prépare-t-elle l’obésité

Il y a plusieurs mécanismes qui vont intervenir. Le plus directement impliqué est le fait que l’état inflammatoire modifie la structure biochimique de l’insuline. Celle-ci ne peut plus jouer correctement son rôle de normalisation de la glycémie (taux de sucre dans le sang).

La glycémie demeure donc élevée, ce qui stimule encore davantage la sécrétion par le pancréas d’une insuline qui à nouveau ne pourra correctement assurer le stockage de ce nouvel apport sucré. Parallèlement à l’augmentation de la masse grasse s’installe donc progressivement une résistance à l’insuline. Cet état de résistance à l’insuline favorise lui-même l’inflammation. Le cercle vicieux est alors en place.

L’insuline est une hormone sécrétée par le pancréas. Son rôle est de maintenir un taux de sucre normal dans le sang en faisant entrer le sucre dans les cellules :

  • celles du foie (réserve de sucre sous forme de glycogène)
  • celles des muscles (transformation en énergie, à condition d’avoir une activité physique)
  • celles du tissu graisseux (sous forme de triglycérides) : c’est ce qui fait grossir.
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Comment l’obésité entretient-elle l’inflammation

Outre la résistance à l’insuline qui est au cœur du problème, plusieurs éléments vont contribuer à installer l’inflammation chez une personne en excès pondéral.

L’alimentation

L’alimentation de la personne obèse est trop riche en aliments qui enflamment son organisme :

  1. mauvaises huiles : trop de graisses saturées, trop de graisses cuites, trop d’oméga 6 (pizzas, viennoiseries, produits industrialisés, …)
  2. excès de sucre qui déclenche la sécrétion d’insuline, hormone de stockage, qui favorise l’inflammation : desserts sucrés, pâtisseries, pain blanc, alcool…

Le microbiote

Le microbiote intestinal de la personne en surpoids est déséquilibré, on parle alors de « dysbiose ». Cette population bactérienne qui siège dans la lumière intestinale (contenu) joue un rôle primordial dans le bon fonctionnement de la barrière intestinale (contenant).

Or lorsque cette barrière intestinale est altérée, elle va laisser passer des substances qui devraient normalement être éliminées. Ce phénomène d’ « hyper perméabilité intestinale » déclenche une inflammation d’abord locale puis générale.

L’adipocyte

L’adipocyte (cellule du tissu « adipeux », c’est à dire « graisseux ») sécrète lui-même des cytokines pro-inflammatoires qui entretiennent l’inflammation.

Les conseils micronutritionnels pour lutter contre l’inflammation

Lutter contre l’inflammation est l’une des clefs de l’alimentation santé et de la perte de poids.
Quels sont les « super aliments » qui vont vous y aider ?

  • les oméga 3 présents dans l’huile de colza, de noix, de cameline, et dans les poissons gras (surtout le hareng, la sardine, le maquereau…)
  • les légumes, en particulier les crucifères avec le brocoli comme « chef de file »
  • le thé vert (puissant antioxydant)
  • le curcuma pour ses propriétés anti-inflammatoires
  • la vitamine D également anti-inflammatoire, présente dans l’huile de foie de morue, le hareng fumé, sardine, jaune d’œuf…
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Quels signes peuvent inciter à consulter ?

L’inflammation de bas grade par définition est peu spectaculaire en termes de symptômes. Pendant longtemps ce sont des signes peu spécifiques qui pourront vous alerter : en voici quelques-uns.

  1. troubles digestifs divers : alternance de diarrhée/ constipation, selles collantes, douleurs abdominales après la consommation de certains aliments, ballonnement, gaz fétides…
  2. prise de poids tenace, avec notamment une prédominance de l’adiposité abdominale (tour de taille supérieur à  102 cm chez l’homme, et 88 cm chez la femme)
  3. fatigue trainante, récupération difficile après les maladies virales saisonnières…
  4. maladie chronique quelle qu’elle soit

Votre professionnel de santé pourra alors investiguer et confirmer biologiquement cette inflammation. Il saura vous accompagner dans la lutte contre cet état délétère pour votre santé.